Mis à jour le 07/10/2026

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Consultation des aidants: un lieu d'écoute pour souffler

Claire Dumats, 68 ans, a accompagné sa mère au quotidien pendant de longs mois, de son domicile à l'EHPAD, jusqu'à la fin de sa vie. Elle raconte ce que la consultation des aidants de l'hôpital René Muret lui a apporté : une écoute, un temps pour souffler et un soulagement face à la culpabilité.

D’une famille de quatre filles, notre père décédé à 89 ans d’un cancer du foie foudroyant en six mois de temps en 2015, notre mère s’est retrouvée seule en pavillon à 84 ans.
La famille a déployé tous les moyens pour la maintenir chez elle : aide-ménagère, puis soins à domicile, fauteuil adapté. Mais surtout présence familiale le plus possible. Malheureusement son état de santé s’est vite dégradé avec des problèmes cardiaques répétés nécessitant des hospitalisations longues et répétées. 

Nous avons du nous résoudre à lui trouver une résidence pour la prendre en charge car autant nous pouvions nous organiser pour la journée, mais restait le problème de la nuit sans présence à ses côtés. Elle est entrée en EHPAD en janvier 2024 et elle est décédée en mars 2026 à 94 ans. Cette période fut un long calvaire pour elle (chute avec mis au lit longue, fauteuil roulant permanent, isolement, promiscuité de la chambre de 20m2 avec très peu d’effets personnels). Elle ne s’est jamais habituée au cadre, à l’organisation, aux activités : elle a eu une vie remplie de culture, de vie associative, une vie sociale très riche. Il ne lui restait plus que la famille heureusement toujours très présente. La perte de la vue a été le coup fatal ne lui permettant plus de regarder la télévision, de lire, de regarder les dessins confectionnés dans la famille, les photos des enfants et petits-enfants.

C’est ainsi lors d’un de ses séjours à l’hôpital que j’ai fait la rencontre d’Aminata en charge des consultations des aidants à René Muret. Ce fut pour moi qui était la plus proche de ma mère, un vrai lieu d’écoute pour souffler et repartir avec une énergie renouvelée et une confiance en moi retrouvée. Heureusement que j’étais à la retraite, ainsi disponible au quotidien.

En effet, le monde de la gériatrie vécu de l’intérieur sur une longue période, mérite un regard approfondi. Tous les intervenants qui se sont occupés de ma mère ont tous crus bien faire, mais l’écoute réelle pour moi a été rarement présente. Quelques personnes ont su être vraiment bienveillantes avec quelques mots échangés, des gestes simples : je pense particulièrement au dentiste venu à l’EHPAD pour lui confectionner deux appareils dentaires deux années de suite : une chaleur humaine, un respect de la personne, de sa dignité : ma mère avait retrouvé un sourire. Une pensée également pour le dernier médecin qui l’a suivi sur ses derniers mois.

Aminata s’est retrouvée ma confidente de mes interrogations sur les pratiques des professionnels pour lesquels des distances étaient posées sans l’écoute pour mieux se comprendre. Le « faire équipe » autour de la personne très âgée, est pour moi la condition de réussite pour son bien-être, l’accompagnement jusqu’au bout. Aminata était un coach. Elle a su me corriger en douceur sur certaines de mes perceptions des pratiques.

J’ai pu faire part de mon malaise lorsque la fin de vie était proche. Elle a assisté à mes larmes que j’ai pu laissé couler, et avec des mots simples, me permettre de continuer. 

Je réalise après coup que j’ai consacré des mois à être quotidiennement auprès de ma mère et en parler à Aminata m’a allégé du poids de la culpabilité d’en faire trop ou pas assez. Ce temps suspendu en consultation est une ressource très précieuse.